L’Asie dépassera l’Europe en demande de biocarburants.

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Les biocarburants

Origine photo GEO.

Les biocarburants ont été durement touchés par la pandémie de Covid-19. Elles ont été les plus touchées de toutes les sources renouvelables, l’effondrement dramatique des prix du pétrole correspondant à une baisse de la production et de l’utilisation des biocarburants. La baisse de la demande de biocarburants a été la première baisse à laquelle nous ayons assisté depuis deux décennies. À l’époque, certains experts ont suggéré que le substitut végétal de l’essence et du diesel pourrait avoir du mal à se rétablir.

Les énergies renouvelables sont considérées comme l’épine dorsale de la transition énergétique vers des émissions nettes nulles. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), une organisation intergouvernementale basée à Paris, a publié son rapport sur les énergies renouvelables 2021 en décembre 2021. Le document prévoit le déploiement des technologies renouvelables sur la base des politiques actuelles et de l’évolution du marché et comprend des analyses et des prévisions jusqu’en 2026.

Le document Renewables 2021 souligne que les prix des biocarburants ont augmenté de 70 à 150 % par rapport aux prix moyens de 2019, tirés par les marchés des États-Unis, de l’Europe, du Brésil et de l’Indonésie. Les prix du pétrole brut ont augmenté de 40 % au cours de la période correspondante.

La hausse des coûts a affecté la croissance, cependant, l’AIE prévoit toujours une croissance de 28 % des biocarburants sur la période de prévision 2021-2026 avec une demande atteignant 186 milliards de litres. Un cinquième de la croissance projetée est attribué à une reprise après la crise provoquée par le Covid-19. Selon l’AIE, les politiques gouvernementales et la demande globale de carburant pour les transports auront une influence sur la croissance des biocarburants.

algré ces perspectives positives, le rapport de l’AIE admet qu’il existe un niveau élevé d’incertitude autour des projections de biocarburants en raison d’une série de facteurs, notamment l’assouplissement des mandats de mélange en raison de la hausse des coûts des matières premières et des biocarburants. Le Brésil, l’Argentine, la Colombie et l’Indonésie sont des régions spécifiques où les mandats de mixage ont été temporairement retardés ou réduits. Ces changements de politique devraient réduire la demande de 3 % ou 5 milliards de litres au cours de la période de prévision.

Des politiques intérieures fortes et une production axée sur les exportations favorisent la production asiatique de biocarburants et l’Asie devrait dépasser la production européenne de biocarburants d’ici 2026. L’Asie représentera 27 % de la nouvelle demande et 29 % de l’offre supplémentaire au cours de la période de prévision, selon le Renewables 2021 estimations. L’Inde et l’Indonésie sont les fers de lance de la croissance de la demande de biocarburants dans la région.

Alors que la croissance des biocarburants est prometteuse pour les efforts climatiques mondiaux, le rebond des biocarburants sera inégal. Le rapport de l’AIE indique que la demande d’éthanol restera inférieure aux niveaux de 2019 jusqu’en 2023 en raison des prix élevés de l’éthanol au Brésil et de la baisse de la demande d’essence aux États-Unis. À l’inverse, le biodiesel, le diesel renouvelable et le biocarburant dépasseront les niveaux de 2019 en 2021. Les politiques aux États-Unis et en Europe contribuent à tripler la demande de diesel renouvelable entre 2020 et 2026. Le diesel renouvelable est une alternative populaire aux combustibles fossiles car il est produit avec un faible intensité de gaz à effet de serre en utilisant les déchets et les résidus.

Cependant, la croissance absolue de l’éthanol dépasse le diesel renouvelable, l’Inde et l’Indonésie étant les principaux initiateurs de la croissance. L’Inde a avancé son objectif de mélange de 20 % de cinq ans jusqu’en 2025 et est en passe de devenir le troisième consommateur mondial d’éthanol d’ici 2026.

Alors que les biocarburants rebondissent après une chute temporaire, le Covid-19 semble n’avoir pas fait grand-chose pour freiner la demande d’électricité renouvelable, malgré la hausse des prix. L’AIE s’attend à ce que la capacité d’électricité renouvelable dépasse 4 800 gigawatts (GW) d’ici 2026, soit une augmentation de plus de 60 %, ce qui, selon elle, est supérieure à la capacité combinée actuelle des combustibles fossiles et du nucléaire.

La Chine sera en tête de l’augmentation de la capacité d’électricité renouvelable, représentant 43 % de la croissance. La nation la plus peuplée du monde a un objectif de 1 200 GW de capacité totale éolienne et solaire photovoltaïque d’ici 2030, dans le cadre d’un effort plus large pour devenir neutre en carbone d’ici 2060. L’AIE estime que la Chine atteindra ses objectifs de capacité de 2030 quatre ans plus tôt. Dans de nombreuses provinces de Chine, l’éolien terrestre et le solaire photovoltaïque sont compétitifs par rapport à la production de charbon, et l’amélioration de l’intégration du réseau est également un moteur clé de l’adoption de l’énergie renouvelable.

L’Europe devrait également dépasser les objectifs existants pour les énergies renouvelables d’ici 2030, comme indiqué dans les plans nationaux sur l’énergie et le climat (NECP), et l’AIE prévoit que la capacité renouvelable aux États-Unis sera supérieure de 65 % à celle de la période de cinq ans précédente. En Inde, le marché des énergies renouvelables qui connaît la croissance la plus rapide au monde, les installations de 2020-2026 doubleront par rapport à 2015-2020, selon l’AIE. Près de 95 % de la croissance de la capacité énergétique mondiale proviendra des énergies renouvelables.

Le PV solaire devrait croître de 17 % en 2021. Le rapport de l’AIE attribue 60 % des ajouts de capacité renouvelable au seul PV solaire au cours des cinq prochaines années sur la base des engagements de la COP26 récemment achevée à Glasgow, en Écosse, et des politiques améliorées. Des ajouts annuels moyens de 305 GW sont attendus jusqu’en 2026, soit une augmentation de 58 % par rapport à la période précédente de cinq ans. Les prévisions relatives à l’électricité renouvelable ont été révisées à la hausse par rapport au précédent rapport de l’AIE sur les énergies renouvelables.

La hausse des prix des matières premières et du transport maritime a un impact sur la fabrication d’éoliennes et de panneaux solaires photovoltaïques. L’article de l’AIE cite une augmentation des prix du polysilicium de qualité PV de plus de 400 %, une augmentation de 50 % de l’acier et une augmentation de 80 % de l’aluminium, parallèlement à des prix d’expédition astronomiques. Malgré ces augmentations, les énergies renouvelables ont bien résisté. La hausse des prix du gaz naturel et du charbon a isolé les technologies renouvelables et amélioré la compétitivité de l’éolien et du solaire photovoltaïque. Avec des politiques appropriées, l’AIE pense que les énergies renouvelables pourraient attirer d’importants investissements privés dans l’électricité, la chaleur, les biocarburants et le biogaz.

L’éolien continue de se débattre avec des difficultés d’acceptation sociale, de permis et de connexion au réseau. Néanmoins, une ruée vers l’achèvement des projets en Chine avant l’expiration des subventions a vu les installations éoliennes terrestres monter en flèche en 2020 à près de 108 GW. L’AIE n’anticipe pas le même niveau de croissance au cours des cinq prochaines années, mais table sur une croissance moyenne de 75 GW par an, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2015-2020.

La croissance continuera d’être tirée par la Chine qui, avec l’Europe et les États-Unis, représente 80 % de l’expansion éolienne. La capacité éolienne offshore continue de progresser à pas de géant et devrait sécuriser un cinquième du marché éolien mondial d’ici 2026, la capacité triplant au cours de la période de prévision.

Les combustibles fossiles continuent de satisfaire la majorité de la consommation mondiale de chaleur, avec seulement une légère augmentation attendue du marché de la chaleur renouvelable, de 11 % en 2020 à 13 % en 2026.

Malgré les prévisions de croissance de l’AIE, le rapport de l’AIE met en évidence un écart important entre la croissance des énergies renouvelables et une trajectoire nette zéro. Une accélération considérable de la croissance est nécessaire pour répondre aux exigences du scénario zéro émission nette d’ici 2050 de l’AIE ; les biocarburants doivent quadrupler et les ajouts annuels solaires photovoltaïques et éoliens doivent presque doubler au cours de la période à venir. Le rapport Renewables 2021 appelle à une plus grande ambition sur les énergies renouvelables et les politiques associées. (Origine : fuelsandlubes 2/2/22)

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