Prévention : Exposition aux fluides de coupe pour l’usinage des métaux.

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Les fluides pour l’usinage des métaux forment une macro-catégorie contenant une multitude de produits adaptés à une grande variété d’utilisations liées aux processus de production de composants mécaniques de toutes tailles et de toutes formes.

Il s’agit d’un segment regroupant des produits variés sur le plan de la composition, formulés à partir d’huiles minérales et synthétiques et de toutes sortes de produits chimiques.

Aujourd’hui, les personnes entrent quotidiennement en contact avec de nombreux « allergènes potentiels ». Ces derniers – qui comprennent les substances chimiques de notre environnement personnel ou professionnel – se déposent sur la peau, où ils augmentent les chances de développer une allergie. Afin de prévenir les allergies et les complications, le principal souci est actuellement d’éviter l’emploi de tout « allergène potentiel ».

Il y a deux grandes catégories de fluides de coupe : les huiles entières ( à propriété lubrifiante prépondérante ) et les fluides aqueux ( qualité de refroidissement ).

  • Les huiles de pleine coupe (ou entières) peuvent contenir des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) cancérigènes par contact cutané (tableau 36 bis des maladies professionnelles), et sont susceptibles de provoquer des dermites et dermatoses.
  • Les fluides aqueux (huile + eau) peuvent provoquer des dermites et des pathologies respiratoires (asthme et pneumopathies) dues aux réactions allergiques et aux bactéries présentes dans les brouillards et fumées de dégradation des huiles générés par les outils tournant à grande vitesse au contact du fluide.

Les mesures de prévention des risques de l’usinage des métaux.

  • La prévention des risques chimiques

Les moyens de prévention doivent correspondre aux principaux risques qui sont relatifs au contact cutané avec les fluides d’usinage et à l’inhalation des brouillards d’huile.

  • Aspiration, captage à la source des fumées, capotage des machines, vérification des débits d’huile (au minimum efficace pour réduire les risques d’éclaboussures).
  • Eviter le contact avec les pièces, les parties des machines ou vêtements recouverts d’huile : utiliser des gants couvrant les avant-bras et des tabliers de protection, se laver les mains fréquemment.
  • utiliser un produit détergent et aseptisant avant la mise en place de fluide aqueux, une eau propre de bonne qualité biologique, contrôler le niveau de pH, la teneur en micro-organismes des fluides en service.
  • renouveler souvent l’huile de coupe.

Autres procédés :

– Usinage à sec possible pour certains matériaux ( machine « au zéro lubrifiant » ) conçue pour protéger l’environnement). Attention : Risque d’émission de poussières non supprimé.

– Substitution :

Microlubrification par pulvérisation localisée d’huile végétale ( procédé possible pour le fraisage, taraudage, perçage, alésage, sciage, emboutissage, rectification possible mais pas en tournage ).

Solution au niveau de la formulation :

– Huiles entières : Utilisation des huiles sévèrement raffinées ( extrait de DMSO par la méthode IP346 inférieur à 3% ou indice UV-DMSO inférieur à 3% )

– Fluides aqueux : Fluides sans amines ( ou avec une amine primaire telle que la monoéthanolamine ) et/ou sans nitrites dans leur composition. On ne peut pas utiliser  de biocide nitré ou de biocide à base de formaldéhyde ou de produits en libérant.

Travail en vase clos :

– Capotage des machines pour éviter l’exposition de l’opérateur qui reste en dehors de l’enceinte polluée.

Mode opératoire – Organisation – maintenance :

– Vérifier l’enrichissement en HPA, N-nitrosamines, nitrites, métaux des huiles et fluides.

– Effectuer des vidanges systématiques si l’enrichissement est trop important ( 100 µg/kg de benzo(a)pyrène pour les huiles entières,  si l’on  dépasse 1 µg/kg de NDELA et 200 mg/kg de cobalt pour les fluides aqueux).

Equipement de protection individuel (=EPI) :

– Protection cutanée : gants  nitrile ou néoprène à manchettes longues.

– Protection respiratoire : filtre particulaire de type P

– Bleu de travail en coton, régulièrement nettoyé.

Mesures d’hygiènes : 

– local pour les vêtements de ville  et local pour les vêtements de travail séparés par une douche.

– Ne pas manger, boire, fumer, mâcher du chewing-gum dans l’atelier.

– Manger dans des locaux propres, après avoir quitté ses vêtements sales et s’être nettoyé le visage et les mains.

– Ne pas emporter les vêtements de travail à l’extérieur. Leur nettoyage  doit être organisé par l’entreprise.

L’arrêté du 4 avril 1995 impose au chef d’établissement la mise à disposition de douches pour les salariés  » effectuant des travaux d’usinage comportant un contact permanent avec les fluides de coupe ».

Indicateurs de contrôle de l’efficacité des mesures prises :

– Vérification de l’efficacité de captage.

– Contôle athmosphérique.

– Contrôle du vieillissement des huiles et fluides.

– Prélèvements sanguins ou urinaires  à discuter au cas par cas.

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