Fluides d’usinage : LES PRINCIPAUX RISQUES ET PATHOLOGIES ASSOCIÉES.

Publié par

Un fluide d’usinage est un liquide qui, appliqué sur la partie active de l’outil, facilite l’opération d’usinage et contribue à améliorer la durée de vie de l’outil ou la productivité de l’opération. Deux catégories de fluides d’usinage existent :

 Les huiles entières insolubles (minérales ou végétales). Ces huiles ne contiennent pas d’eau et de ce fait pas ou peu de biocides. Contrairement aux huiles végétales, les huiles minérales neuves peuvent contenir potentiellement, en fonction du degré de raffinage, des HAP.

 Les huiles solubles ou fluides aqueux (minérales, végé- tales, semi-synthétiques, synthétiques) contiennent par définition de l’eau. On les reconnait, pour certains, par leur aspect laiteux.

La plupart de ces fluides de coupe comporte de nombreux additifs visant à :

– augmenter les propriétés lubrifiantes,

– faciliter la coupe, ulimiter l’usure de l’outil, la corrosion, la formation de brouillard,

– contenir le développement des microorganismes pouvant coloniser les fluides aqueux

LES PRINCIPAUX RISQUES ET PATHOLOGIES ASSOCIÉES

Lors de l’application des fluides d’usinage, des aérosols peuvent être générés (appelés généralement « brouillards d’huile »). Ceux-ci contiennent des substances chimiques constitutives du mélange ou générées (par exemple nitrosamines, métaux…) et des contaminants biologiques pour les fluides aqueux.

Le risque chimique

Des substances dangereuses peuvent se retrouver, au sein de la formulation des fluides de coupe (comme certains additifs, biocides…), se former au cours du stockage, comme c’est le cas des nitrosamines ou bien au cours de l’utilisation (hydrocarbures aromatiques polycycliques et nitrosamines).

Il existe deux voies de contaminations : par contact cutané et par inhalation (brouillard d’huile/aérosols).

– irritation de la peau (pH élevé, additifs…),

– allergies cutanées (biocides, métaux dissous ou sous forme de particules provenant des alliages usinés ou des outils, formaldéhyde, colophane…),

– affections respiratoires (huiles et additifs, formaldéhyde, métaux dissous (cobalt) ou sous forme de particules).

Mais les composants chimiques des fluides peuvent également présenter un potentiel cancérogène ou toxique pour la reproduction :

Cancérogène :

Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) : d’une manière générale, les huiles entières minérales neuves ne sont pas classées cancérogènes puisqu’elles sont très raffinées. Cependant, dans certaines huiles neuves insuffisamment raffinées ou régénérées, des HAP peuvent être présents.

Un enrichissement en HAP peut également se produire en cours d’utilisation lorsque au point d’usinage la température atteint 600°C. Parmi ces HAP, figure le benzo[a]pyrène qui est classé cancérogène avéré par l’Union Européenne.

– Nitrosamines (en particulier la N-nitroso diéthanolamine (NDELA)) : elles se forment dans les fluides aqueux lors d’une présence conjointe d’amines secondaires dans la composition initiale (diethanolamine) et de nitrites.

– Formaldéhyde : il est présent en tant que tel ou généré par les libérateurs de formaldéhyde2, utilisé comme biocide dans les fluides aqueux. Le formaldéhyde est classé cancérogène par l’Union Européenne.

La communauté scientifique considère qu’il n’est pas possible de conclure définitivement sur le risque cancérogène des fluides d’usinage, excepté pour les cancers de la peau dans le cas des huiles minérales entières anciennes souvent peu raffinées.

Néanmoins, il existe des arguments en faveur d’une relation entre les fluides d’usinage et les localisations cancéreuses suivantes : larynx, pancréas, rectum, vessie et scrotum. Ces cancers sont essentiellement associés aux huiles minérales entières.

Concernant les cancers de l’œsophage et de l’estomac, les arguments sont limités. Dans ce cas, ce sont les fluides aqueux qui pourraient être incriminés.

Peu d’éléments permettent de faire un lien entre les fluides d’usinage et les cancers broncho-pulmonaires bien que de nombreuses études épidémiologiques aient été réalisées.

– Toxique pour la reproduction :

– Acide borique et borates utilisés comme biocides. Ils sont classés par l’Union Européenne comme toxiques pour la reproduction (fertilité et développement fœtal).

Tous les fluides d’usinage peuvent se charger en métaux dangereux provenant de la solubilisation des métaux usinés ou des outils de coupe (nickel, cobalt, cadmium, béryllium, plomb, chrome…), dont certains ont un potentiel cancérogène et/ ou toxique pour la reproduction. Il est indispensable de connaître la composition de l’alliage usiné à l’aide des fiches techniques, des fiches de données de sécurité ou à défaut de la déclaration du fournisseur sur la présence éventuelle de métaux dangereux.

Le risque biologique

En ce qui concerne les contaminants biologiques, des espèces bactériennes ou fongiques peuvent être retrouvées dans les fluides d’usinage aqueux. Certaines sont effectivement ou potentiellement pathogènes et peuvent nuire à la qualité et à la performance des fluides d’usinage.

Elles peuvent générer des problèmes cutanés (irritations) ou respiratoires (irritations, allergies).

Les maladies professionnelles

Certaines affections provoquées par la mise en œuvre des fluides d’usinage peuvent bénéficier d’une reconnaissance en maladies professionnelles indemnisables.

Régime général

Affections provoquées par les huiles et graisses d’origine minérale ou synthé- tique (tableau 36)

–  Affections cancéreuses provoquées par les dérivés suivants du pétrole : huiles minérales peu ou non raffinées et huiles minérales régénérées utilisées dans les opérations d’usinage et de traitement des métaux, extraits aromatiques, résidus de craquage, huiles moteur usagées ainsi que des suies de combustion des produits pétroliers (tableau 36 bis)

– Lésions eczématiformes de mécanisme allergique (tableau 65)

–  Pneumopathies d’hypersensibilité (tableau 66 bis)

Régime agricole

– Affections provoquées par les huiles et graisses d’origine minérale ou de synthèse (Tableau 25)

–  Affections cutanées et muqueuses professionnelles de mécanisme allergique (Tableau 44)

–  Affections respiratoires professionnelles de mécanisme allergique (Tableau 45)

(http://leslubrifiants.com/2017/09/22/fluides-dusinage-les-principaux-risques-et-patho)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s