
Mario Draghi a remis son rapport sur la compétitivité de l’industrie européenne à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. ©Commission européenne. (Photo via journalauto 10/10/2024)
Enrayer le déclin de la compétitivité industrielle européenne : l’enjeu est de taille pour Mario Draghi, ancien président du Conseil italien et de la Banque centrale européenne. Ce dernier vient de rendre public son rapport et ses préconisations pour relever le défi existentiel en Europe.
En effet, l’ancien président de la Banque centrale européenne n’y va pas par quatre chemins pour qualifier l’érosion de la compétitivité de l’industrie automobile. Dans son rapport, remis le 9 septembre 2024 à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, Mario Draghi rejoint les préoccupations des constructeurs et pointe les incohérences des décisions de Bruxelles.
Si c’était à refaire, la Commission européenne devrait peut-être autoriser le rapprochement des groupes Alstom et Siemens dans le matériel ferroviaire bloqué en 2019. C’est une des bombes lâchées ce lundi par Mario Draghi qui présentait à Bruxelles son rapport sur la compétitivité de l’Europe. « Les temps ont changé… Les Chinois peuvent exporter des trains à grande vitesse vers l’Europe et certaines raisons de bloquer la fusion ont disparu », a-t-il expliqué.
Cette remarque, qui ne figure pas dans l’épais rapport de 400 pages présenté lundi, a été faite en réponse au correspondant européen du l’hebdomadaire The Economist. Mais elle en dit long sur la liberté avec laquelle a travaillé le « sauveur de l’euro » depuis un an. Pas de tabou. Des constats souvent brutaux. Et une centaine de propositions « granulaires » parfois révolutionnaires.
Energie, innovation et gouvernance de l’UE
Le marché européen de l’électricité ? Sa conception est dépassée, selon lui. « C’est un marché qui est vraiment dominé par des intérêts particuliers et les droits acquis, qui ploie sous les rentes financières et qui est devenu une vache à lait pour les budgets nationaux. Tout cela mène au fait que nous ne sommes pas capables de transférer les bénéfices d’une énergie moins coûteuse produite par les renouvelables à nos consommateurs, les ménages comme l’industrie », a-t-il résumé. Le remède : « un plan qui vise à découpler le prix des énergies fossiles des sources d’énergie propre ». Il n’y a qu’à ce prix que décarbonation peut rimer avec croissance.
(Source : latribune 09/09/2024)
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